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Gênes : plus qu’une simple escale de croisières !



Gênes : plus qu’une simple escale de croisières !
Par Nathalie De Grandmont ------- La région italienne de la Ligurie accueillait récemment quelques voyagistes et médias, pour leur faire connaître la Riviera italienne et la ville de Gênes. Voici donc aujourd’hui un aperçu de cette ville méconnue; qui sera suivi, demain, d’un reportage sur les stations balnéaires et les villages voisins.


Gênes : plus qu’une simple escale de croisières !
Situé sur la côte de la Ligurie, au nord-ouest de l’Italie, le port de Gênes est l’un des plus actifs de la Méditerranée : pour le transport des marchandises ainsi que pour les croisières, très nombreuses à y accoster chaque année (surtout celles de la compagnie MSC). En 2004, la ville a été choisie « capitale européenne de la culture » et de l’avis de tous, ce fût une véritable bénédiction, qui lui a permis de se refaire une beauté et d’augmenter considérablement son nombre de visiteurs. Grâce à cette revitalisation, Gênes est devenue une escale des plus agréable et même, une destination en soi : pour ceux qui souhaiteraient prolonger une croisière ou un séjour dans le sud de la France, par exemple.


Le vieux Gênes forme un amphithéâtre , autour de la baie
Le vieux Gênes forme un amphithéâtre , autour de la baie
En effet, la côte ligure s’étire comme un croissant de lune entre la Côte d’Azur française, à l’ouest, et la Toscane, sur son flanc est. Les nombreux québécois qui séjournent sur la Côte d’Azur peuvent donc se rendre à Gênes en quelques heures de voiture et retrouver là, tout près de la frontière française, de bons exemples de la culture et de la gastronomie italiennes. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, le vieux Gênes possède plusieurs superbes palais de la Renaissance, un quartier médiéval qui fourmille de commerces typiques et une gastronomie régionale très distincte, ayant comme ingrédient vedette le fameux pesto... Et de façon générale, les prix dans les restaurants et les commerces sont moins élevés que dans plusieurs autres villes italiennes plus fréquentées.


Un port antique... complètement rajeuni

Gênes , une ville à la verticale
Gênes , une ville à la verticale
Déjà, Gênes possède un emplacement exceptionnel, qui se remarque encore plus lorsqu’on y accède par la mer. Des collines disposées en demi-cercle forment un amphithéâtre naturel, autour de sa baie. Un amphithéâtre au fond duquel s’élèvent des rues en gradin et surtout, les maisons hautes et étroites du vieux Gênes, agrippées au rocher. Et cette ville tout à la verticale se dresse en face du fameux « porto antico » qui a vu partir les caravelles de Christophe Colomb, en route pour le Nouveau Monde. De fait, Gênes a toujours été un port majeur.

En participant aux premières croisades au Moyen-Age, les armateurs gênois ont établi des comptoirs commerciaux et acquis une puissance incroyable, tout autour de la Méditerranée. A une époque, leur influence s’étendait jusqu’à la Mer Noire et leurs coffres bien remplis servaient même à financer les rois d’Espagne. Cet âge d’or dura une bonne partie des 16ème et 17ème siècles et permit aux riches familles gênoises – et à toute la ville – de s’enrichir de somptueux palais, que les visiteurs redécouvrent depuis quelques années à peine.

Car il faut dire que, dans un passé plus récent, la vocation industrielle de Gênes et la mauvaise réputation de son port avaient sérieusement porté ombrage aux trésors de sa vieille ville.

Or, cinq siècles après l’avoir quittée, le célèbre Christophe est venu à la rescousse de sa ville natale...


Gênes : plus qu’une simple escale de croisières !
A l’approche des « Manifestations Colombiennes », en 1992, Gênes a entrepris une complète transformation de son fameux port antique, orchestrée par l’architecte gênois Renzo Piano, à qui l’on doit aussi le quartier de Beaubourg, à Paris. Sous sa houlette, le port de Gênes a donc hérité d’une allure plus contemporaine, de nouveaux attraits et d’une nouvelle vocation, nettement plus récréative et touristique. Aujourd’hui, on y retrouve une vaste esplanade piétonne, bordée de palmiers. Les Gênois et les visiteurs s’y promènent en grand nombre et plusieurs bateaux de plaisance y proposent des croisières d’observation des baleines et des excursions vers les stations balnéaires de la côte.

Promenade portuaire
Promenade portuaire
Les Gênois, eux, profitent largement des nouvelles navettes maritimes qui mènent aux municipalités voisines : un service également très pratique pour les visiteurs qui séjournent hors du centre. Le long des quais, les anciens entrepôts de coton abritent désormais un nouveau centre de congrès, plus une enfilade de restaurants et de bars qui font face à l’étonnant ascenseur panoramique, Le Bigo, devenu la nouvelle icône de Gênes. Cette structure à l’allure futuriste attire beaucoup de curieux, leur offrant une vue plongeante sur le port et la vieille ville. Dans ce même quartier, les visiteurs trouvent aussi la Biosphère, le Musée de la mer Galata et un tout nouvel aquarium, déjà reconnu comme l’un des meilleurs en Méditerranée. D’ailleurs, ces trois attraits attirent à eux seuls une nouvelle clientèle plus familiale.


Fresques sur la façade du palais San Giorgio, face au port
Fresques sur la façade du palais San Giorgio, face au port
Sauvée par la culture...

La renaissance de Gênes ne s’est pas arrêtée au port. En prévision de son règne à titre de capitale européenne de la culture (en 2004), Gênes a reçu de nombreux appuis financiers, en provenance de l’Europe et des différents paliers de gouvernement italiens. Les autorités municipales en ont profité pour continuer d’améliorer son image et remettre en valeur son patrimoine. Ces démarches ont porté fruit car selon le président de la Chambre de commerce de Gênes, Paolo Odone, le nombre de visiteurs a augmenté de 45% cette année-là. « Ce fût un tremplin incroyable, expliquait-il, qui nous a permis d’attirer une foule de visiteurs et de journalistes que nous n’aurions pas pu attirer autrement. »


Le Palazzo del Principe et son jardin
Le Palazzo del Principe et son jardin
Que de palais !

Tout comme ces nouveaux visiteurs qui affluent depuis 2004, notre petit groupe et moi-même avons été agréablement surpris par cette ville, dont nous n’avions que peu d’attentes au départ. Surpris d’y découvrir, notamment, une si grande collection de palais, dont certains n’ont rien à envier à ceux de Venise, par exemple. D’ailleurs, l’un d’eux - le Palazzo del Principe - se trouve littéralement en face du terminal de croisières. Parmi les premiers édifices de style renaissance gênoise, ce palais était la résidence de l’amiral de Charles Quint, Andrea Doria, pendant la première moitié du 16ème siècle. Le palais et le jardin qui l’entoure ont été restaurés pour réparer les dommages causés pendant la seconde guerre mondiale, mais le palais abrite encore de belles fresques et tapisseries. Et ses balcons offrent un point de vue intéressant sur le port et les hauteurs de Gênes.

La Via Garibaldi: un chapelet de palais finement décorés
La Via Garibaldi: un chapelet de palais finement décorés
Quelques rues plus loin (vers le centre) et les palais se comptent par dizaines, cette fois. Surtout aux abords de l’étonnante via Garibaldi, qui a valu à ce quartier d’être classé par l’Unesco. Déjà, pendant l’âge d’or de Gênes, le faste de cette rue avait impressionné des artistes tels que Rubens, qui en avait fait l’éloge. Aujourd’hui, certains de ces palais sont encore la propriété de riches familles de l’aristocratie gênoise tandis que d’autres appartiennent maintenant à l’état. « Mais, dorénavant, tous déploient beaucoup d’efforts pour les rendre accessibles au public le plus possible », explique M. Odone. Il cite notamment en exemple l’ancien palais qui abrite la Chambre de commerce qui, dit-il, « accueille volontiers les visiteurs individuels qui souhaitent admirer son escalier et ses plafonds magistraux. » A quelques pas, trois des palais de la via Garibaldi – le Palazzo Bianco, Rosso et Tursi - sont également devenus des musées, où l’on présente des collections de peintures, de tapisseries et de meubles.


Porte Soprana, l'ancienne entrée de la ville médiévale
Porte Soprana, l'ancienne entrée de la ville médiévale
En obliquant vers la cathédrale San Lorenzo, on rejoint le coeur du vieux Gênes : un secteur piétionnier et un véritable labyrinthe de rues étroites surnommées les « caruggi », puisqu’au Moyen-Age, elles étaient tout juste assez larges pour permettre à deux chars de s’y croiser. Il faut reconnaître qu’encore aujourd’hui, ces ruelles deviennent plus sombres et intimidantes dès que la nuit tombe (tout comme les rues derrière le port, qui abrite encore un petit quartier « chaud »). Mais dans la journée, on s’y plaît beaucoup et il y a beaucoup d’ambiance! On y découvre une foule d’épiceries bien typiques (marchand d’olives, de pesto, charcuteries, etc.), des pâtisseries et autres commerces indépendants.

On y croise aussi quelques-unes des nombreuses tours de guet médiévales qui protégeaient la ville autrefois, la maison natale de Christophe Colomb, l’église du Gésu, la cathédrale San Lorenzo et la Piazza de Ferrari, qui a elle aussi hérité de nouvelles fontaines et de nouveaux aménagements. Lieu de rassemblement par excellence, elle est bordée par le Théâtre Felici, l’ancien palais des Doges et celui du Commerce, tous deux remarquables également. Les amateurs de magasinage seront aussi heureux d’apprendre que cette place fait la jonction entre le vieux Gênes et le quartier des grandes avenues commerçantes : la via Roma (pour le haut de gamme) et les via XXV Aprile et XX Settembre, pour le prêt-à-porter et le sympathique marché oriental, où se regroupent les marchands de spécialités régionales.

Le cloître de l'église Saint Andrea, site de la maison natale de Christophe Colomb
Le cloître de l'église Saint Andrea, site de la maison natale de Christophe Colomb
Chose certaine, même si Gênes n’apparaît pas aussi jolie à première vue que d’autres villes d’art italiennes, elle gagne tout de même à être connue. Et manifestement, la hausse de visibilité qu’elle a connue en 2004 a encouragé les autorités locales à poursuivre la remise en valeur et la promotion de ses atouts, tout en provoquant une vague de « bouche à oreilles » qui continuait encore sur sa lancée lors de notre visite, à la fin de l’année 2008. Mauro Bolognesi, propriétaire de plusieurs hôtels à Gênes et sur la Riviera italienne racontait que « tous ses confrères toscans le trouvaient fous lorsqu’il a quitté Florence pour venir ouvrir un hôtel à Gênes... » « Mais aujourd’hui ils m’envient »; ajoutait-t-il, « car Gênes s’est beaucoup plus développée ».

La responsable du tourisme de la région de la Ligurie, mme Marguerita Bozzano, en compagnie de Jacques Morissette, président d'Omnitour (à gauche) et de Vince Palumbo, président de Vacances Viatour (à droite).
La responsable du tourisme de la région de la Ligurie, mme Marguerita Bozzano, en compagnie de Jacques Morissette, président d'Omnitour (à gauche) et de Vince Palumbo, président de Vacances Viatour (à droite).
La responsable du tourisme de la Ligurie, madame Marguerita Bozzano, affirmait aussi que cette région était une des rares en Italie qui avait connu une hausse de fréquentation en 2008. Encouragés par ces résultats, les élus et les intervenants du milieu touristique de la Ligurie ont plusieurs projets sur la planche, notamment celui de créer un grand parcours cyclable le long de la côte. (A découvrir dans le prochain reportage)

Pour en savoir plus : le site www.turismoinliguria.it (choix de plusieurs langues, dont le français. Malheureusement, cette version gagnerait à être améliorée)

à suivre:Hôtels et atouts des stations balnéaires et villages de la Riviera italienne.

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Jeudi 30 Avril 2009 - 16:19






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